Wenn künstliche Intelligenz (fast) alle Arbeitsplätze einnehmen wird: Was tun mit 60 bis 80 freien Stunden pro Woche?

La discussion n’est plus un simple scénario de science-fiction : certains experts prévoient que l’intelligence artificielle (IA) finira par exécuter presque tout le travail humain. Le chercheur Roman Yampolskiy a même avancé que le chômage pourrait atteindre 99 % et que les individus disposeraient de 60 à 80 heures supplémentaires de temps libre chaque semaine. La question n’est donc pas de savoir si les biens et services existeront — ils existeront —, mais comment nous utiliserons ce temps et comment garantir des revenus dans une économie automatisée.

Ce qui est réellement en jeu

Il est essentiel de distinguer les prédictions alarmistes des données tangibles. Selon le Fonds monétaire international, environ 40 % des emplois dans le monde sont exposés à l’IA, et dans les économies avancées ce chiffre pourrait atteindre 60 %. Être exposé ne signifie pas forcément être remplacé : dans certains cas, l’IA complète les tâches humaines en augmentant la productivité, dans d’autres elle réduit la demande de main-d’œuvre et les salaires, et certains métiers disparaissent. L’avenir n’est donc pas binaire, mais un spectre où coexistent complémentarité et substitution, selon les secteurs et les politiques adoptées.

De son côté, la McKinsey souligne que les technologies actuelles, y compris l’IA générative, pourraient automatiser jusqu’à 70 % du temps de travail consacré aux tâches d’aujourd’hui. Cela ne revient pas à supprimer 70 % des postes, mais à transformer en profondeur la répartition des tâches dans presque toutes les professions. La conséquence est double : des gains massifs de productivité et, en parallèle, la nécessité de repenser les emplois, les processus et la durée de la semaine de travail.

Plus de temps libre, mais moins de revenus ?

Si l’on admet que de nombreuses tâches vont disparaître ou être réattribuées, la question devient pressante : que faire avec ces dizaines d’heures libérées chaque semaine ? Le risque est que ce temps libre se transforme en temps vide, si les revenus s’effondrent. C’est pour cela que des propositions comme le revenu universel, ou même un revenu universel “élevé”, reviennent avec force dans le débat. L’idée serait de redistribuer une partie de la richesse créée par l’automatisation pour éviter une fracture sociale encore plus marquée.

Comment s’y préparer dès maintenant

Pour les gouvernements :

  1. Adapter la protection sociale, en testant des dispositifs de revenu garanti ou des transferts conditionnés à la formation.
  2. Réduire la durée de la semaine de travail en lien avec les gains de productivité, sur le modèle des expérimentations à 32 heures déjà en cours dans plusieurs pays.
  3. Déployer des stratégies de formation continue axées sur les compétences complémentaires à l’IA : pensée critique, créativité, collaboration interdisciplinaire et culture numérique.
  4. Renforcer la négociation collective pour que le partage des gains ne dépende pas uniquement des décisions des entreprises.

Pour les entreprises :

  1. Repenser les processus avec l’IA comme copilote, tout en réinvestissant une partie des gains dans la formation et le bien-être.
  2. Maintenir la présence humaine dans les fonctions critiques, garantissant éthique et qualité.
  3. Expérimenter des horaires flexibles et des semaines plus courtes, ce qui attire les talents et réduit le risque de burn-out.
  4. Développer des parcours professionnels hybrides, combinant expertise technique et compétences humaines, afin de tirer parti de la synergie entre personnes et systèmes.

Pour les individus :

  1. Identifier les tâches de leur métier déjà impactées par l’IA.
  2. Utiliser l’IA comme amplificateur au quotidien — rédaction, analyse de données, prototypage — et documenter les bénéfices.
  3. Investir dans des compétences transversales : communication, maîtrise des prompts, vérification de l’information, éthique appliquée.
  4. Développer des projets porteurs de sens hors emploi — éducation, art, bénévolat, entrepreneuriat — afin que le temps libre rime avec accomplissement.

Une transition à façonner

L’idée que l’IA occupera tous les emplois est un scénario extrême qui joue le rôle d’alerte. Même si nous n’en arrivons pas là, l’automatisation à grande échelle combinée aux disparités sectorielles et géographiques exige une préparation immédiate. Le véritable enjeu n’est pas de choisir entre apocalypse et utopie, mais de concevoir une transition où la productivité se traduit en prospérité partagée — et où 60 à 80 heures libres par semaine deviennent l’occasion de mieux vivre, et non de perdre du sens.